De l'origine anglaise des mots
❍ Édition neuve : nouvelle lune du 19 mars 2026
Par Ambroise GarelAlors qu'on (pas moi mais certaines personnes, je suppose) fêtait récemment le cent-dixième anniversaire de la mort de Ferdinand de Saussure, l'heure est venue de dresser le bilan d'une discipline : la linguistique. Et, surtout, de prendre acte de son échec.
Après plus d'un siècle de travail, les linguistes n'ont toujours pas réussi à répondre à la question la plus fondamentale : d'où viennent les mots ? Essayez de leur poser la question, vous n'obtiendrez en réponse qu'un tissu d'explications foireuses à base d'approche diachronique, d'évolution graduelle des graphèmes et des phonèmes, galimatias qu'on pourrait résumer par : « les mots viennent d'autres mots ». Super, nous voilà bien avancés. À l'inverse, demandez à un ornithologiste d'où viennent les poules et, du tac au tac, il vous répondra : « d'un œuf ». On voit qui sont les gens sérieux.
C'est d'autant plus déplorable qu'au lieu de se perdre en conjectures sur l'histoire des langues romanes et germaniques, voire de supputer l'existence hypothétique d'un proto-indo européen, les linguistes auraient pu faire preuve de bon sens et partir de ce qu'ils ont sinon sous les yeux, en tout cas trois cents kilomètres au nord des yeux. Je veux bien entendu parler des Anglais.
Toute personne ayant déjà conversé avec un Anglais aura remarqué, avec amusement et une pointe d'inquiétude, que le fonctionnement de son appareil digestif est radicalement différent de celui du Français. Non content d'être capable de digérer des matières qui ne seraient pas considérées comestibles en nos contrées, la panse de l'Anglais présente la particularité de produire, comme reliquat secondaire de la digestion, de nouveaux mots. Chose d'autant plus remarquable que celle du Français se contente, elle, de produire des gaz.
Donnez du porc à un Français, cela restera du porc. Donnez-lui du bœuf, il demeurera du bœuf. À l'inverse, tuez une cow et nourrissez-en un Anglais, elle deviendra beef, faites-lui ingurgiter un pig et il deviendra pork.
De ce simple constat, on peut conclure avec une parfaite rigueur scientifique que les mots ne sont pas issus, comme l'affirment sans preuves des linguistes bien trop cher payés par nos impôts, de l'évolution naturelle d'une série de sons imparfaitement reproduits d'une génération à l'autre. À l'instar des alliages métalliques et des pierres philosophales, ils sont produits de façon entièrement physique, dans le four alchimique que chaque Anglais porte en son sein.
Il reste bien sûr à déterminer d'où viennent les Anglais et comment de nouveaux mots ont pu être créés avant la naissance de l'Angleterre. Que voulez-vous : la science, quand elle se veut rigoureuse, ne peut résoudre tous les mystères en un jour.
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